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En direct de la roulotte

1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:15

Si les pouvoirs publics montrent peu de zèle à sauvegarder la sécurité du citoyen ordinaire, ils se révèlent en revanche d’une efficacité remarquable pour ce qui est d’empêcher ce même citoyen ordinaire de sortir du cadre aussi stricte qu’adaptable d’une loi souvent aveugle et inique, et si le métier de détrousseur publique a encore de beaux jours devant lui, celui de troubadour en revanche est toujours assidûment pourchassé : le coup de téléphone de quelque employé notable de la ville au service de la police municipale pour l’informer de la venue de l’un de ces dangereux accapareurs de l’espace publique à la porte de son établissement est suffisant pour voir arriver quelques minutes plus tard les représentants de cet « ordre démocratique »

Ainsi, je pensais avoir ma place à l’entrée de la nouvelle BMI de notre bonne ville d’Epinal : si le lieu est bruyant à cause de la circulation toute proche, et de ce fait un peu pénible pour le musicien, il présente en revanche l’intérêt de la croisée des cultures.

Ainsi, voyant arriver mon couple préféré de policiers de la ville, je pensais dans ma naïve et innocente insouciance que quelque affaire les appelait à l’intérieur de l’édifice culturel… Mauvaise appréciation : c’était à l’extérieur qu’une affaire urgente les appelait, et l’échange, pour amical qu’il fut, n’avait pas pour unique objet celui des respectives et respectueuses salutations…

Rire ou pleurer de tant d’obscurantisme ? Accuser le coup dans un premier temps comme toujours… Et bien vite enterrer cette folle idée, ce crédule et présomptueux espoir de pouvoir exercer de temps en temps durant les rigueurs hivernales à l’intérieur même du bâtiment !

J’ai donc rangé mon violoncelle et je suis allé à l’intérieur de ce lieu feutré qui invite à la flânerie et à la découverte, où je conçois fort bien qu’un fond musical, fut-il discret et harmonieux puisse être dérangeant : je suis pour ma part incapable de lire et d’écouter de la musique dans un même temps.

J’ai eu la chance de pouvoir féliciter pour son zèle citoyen la personne responsable du lieu, à qui je reconnais le mérite d’avoir bien voulu se déplacer pour me rencontrer, et qui m’a heureusement bien vite rassuré sur un point au moins : ce n’est ni mon établissement devant l’entrée de la bibliothèque ni ma musique qui dérange, et ma contribution à la culture qui trouve ici un espace privilégié pour l’expression de sa pluralité n’est pas remise en cause ; la seule chose qui dérange est que le public soit invité par la présence de mon escarcelle à contribuer en retour à mon existence ; l’intolérable en fait est que je puisse n’exister que de manière réellement démocratique, puisque rémunéré directement par la contribution libre des personnes touchées par mon art, ce que j’appelle le mécénat populaire !

Le message enfin est clair !

Et ouf ! l’art est sauf !

 

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Published by Troubadour Olivier d'Icarie
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